Nous avons conçu cette maison en paille sur un plan organique dessiné au plus près du programme du client. Sans chercher de forme particluière, nous avons obtenu un plygône à 5 côtés, autrement dit un pentagone.
Dans les esquisses, il n'était pas tout à fait symétrique. Il l'est devenu au cours de l'étude de l'avant-projet, au fil des
dessins.
A vivre, le pentagone offre à l'intérieur des angles de plus de 105 degrés. Ca peut sembler peu d'écart par rapport à 90 degrés, mais la différence de sensation est vraiment grande.
Le volume intérieur semble nous envelopper, comme plus généreux et plus accueillant.
L'angle des pans de murs semble nous embrasser, comme des bras ouverts... Il faut le vivre et le ressentir pour l'apprendre. Après une telle expérience, l'angle droit paraît bien plus dur, plus froid, plus rigide qu'à l'accoutumée.
Cette maison abrite une famille avec des enfants. Elle est hors d'eau hors d'air depuis octobre dernier. Lors de la vague de froid exceptionnelle de début février cette année (2 semaines où la température est restée sous les -5°c, avec chaque nuit -18°c à -22°c) et bien à l'intérieur, non chauffé et isolé, la température n'est pas tombée en dessous de +12°c.
Etonnant, non?
Les ventilations mécaniques de type « double flux » sont conçues pour renouveler l’air dans les bâtiments et en même temps récupérer les calories contenues dans cet air. Les VMC « double flux » évitent donc, pendant l’hiver, de jeter bêtement l’air chaud dehors comme les ventilations ordinaires (dites "simple flux). Elles suppriment le gaspillage et permettent des économies de chauffage, de l’ordre de 3500 kwh/an pour une maison de 150 m2.
LES DEPERDITIONS
le renouvellement d'air représente 20% des déperditions d'un bâtiment non isolé
Le principe général de fonctionnement de la « Double Flux » consiste à reprendre les calories de l’air avant de l’expulser (il est donc refroidi avant d’arriver dehors) pour les transférer à l’air neuf (et donc froid) prélevé au dehors. On dit « double » flux car il y a le flux d’air rejeté d’une part, et le flux d’air neuf insufflé à l’intérieur d’autre part.
Différentes techniques permettent ce transfert d’énergie entre les deux flux d’air : croisement des flux d’air (un tube dans l’autre), échangeur à plaques, accumulation dans un matériau réfractaire.
Certains modèles ajoutent un condenseur pour faire une « double flux enthalpique » et ainsi conserver le taux d’humidité. D’autres ajoutent une PAC (Pompe A Chaleur) pour former une « double flux thermodynamique ». Dans ce dernier cas, les consommations d’électricité sont bien plus importantes et il s’agit en réalité d’un chauffage couplé à de la ventilation.
LES ECHANGES DE TEMPERATURES
à gauche en hiver, à droite en été
(source huisclos.fr)
Encore une fois rappelons que la double flux n’est pas un chauffage. C’est uniquement un appareil qui récupère les calories déjà présentes dans le bâtiment. Elle ne produit aucune chaleur.
Le rendement de la « double flux » mesure la quantité de calories que l’appareil est capable de récupérer. Une bonne « Double flux » doit présenter un rendement d’au moins 90%.
Précisions que ce rendement, indiqué dans la fiche technique de l’appareil, est calculé en laboratoire, selon des normes et des conditions précises, notamment avec des températures extérieures de 7°C. Un rendement de 90% en laboratoire correspond à 70% dans la réalité mesurée sur une année pleine. Enertech (Olivier Sidler) a réalisé plusieurs dossiers sur ces mesures.
La VMC double flux devient incontournable lorsqu’on veut atteindre le niveau passif ou BBC, disons le niveau qui permettra de supprimer le chauffage central.
Outre les économies d’énergie permises, elle garantit de l’air sain en continu dans le bâtiment, quelles que soient les sources polluantes intérieures, en particulier cheminées, poêles à tout type de combustible ou radon dans les territoires de radioactivité naturelle…
La VMC double flux remplit donc une fonction sanitaire ET une fonction de suppression du gaspillage par rapport à une VMC simple flux.
(à suivre...)
Nous revenons sur maison D... achevée en juillet 2011 (on peut voir les plans sur la page 2010 du blog, année d'obtention du Permis de Construire). Elle se situe à 1030 m d'altitude, près du barrage de Naussac, en Lozère.
On mesure une SHON de 313 m2 et une Surface Habitale de 294 m2, répartie sur deux niveaux.
Les parois de la maison présentent des résistances thermiques suivantes:
* toiture R=9
* murs R=6
* plancher sur pilotis R= 8,5
ERE43 a réalisé l'étude thermique en simulation dynamique. Celle-ci prévoit une consommation de chauffage de 62 kwh/m2 par an avec deux poëles à granulés. C'est insuffisant pour atteindre le niveau le BBC (70 kwh/m2 par an pour chauffage+eau chaude+éclairage+ventilation dans ce cas-ci).
Pour améliorer le confort thermique d'été et réduire les consommations d'hiver, nous avons installé deux puits canadiens. (deux, pour tenir compte de la taille de la maison) Ces puits permettent de préchauffer l'air insuflé en hiver.
Après ces 6 premiers mois de fonctionnement, il s'avère que la température se stabilise l'hiver entre 2°C et 8°C la nuit lorsque la maison est inoccupée et non chauffée. Apr ailleur pendant l'été 2011, nous avons mesuré 8 degrés de rafraichissement grâce aux puits canadiens.
Il faudra toutefois rester prudent et attendre encoreun an ou deux pour affiner ces premières mesures.
Quoi qu'il en soit, l'éfficacité du puits canadien est mesurable et réelle dans les faits.
Pourtant, les logiciels thermiques du BBC ne le reconnaissent pas. La RT française reconnait les appareils de chauffage électriques et les pompes à chaleur depuis toujours. Jusqu'en 2009 elle ne connaissait pas les poëles à bois ou à granulés ni les VMC Double Flux...
Et aujourd'hui, en 2012, elle ne connait toujours pas le puits canadien. Son logiciel réglemantaire "RT" s'appuie sur les recommandations de PROMOTELEC, qui elle même est composée d'EDF et Cie, autrement dit : les lobbys du tout électrique. Peuvent-ils avoir intérêt à promouvoir les puits canadiens ? l est écologiquement recommandable, mais il l'est aussi économiquement : il ne consomme presque rien. Et ça, quand on vend de l'électricité...
Plus surprenant, le logiciel de thermique ici utilisé par le professionnel ne connaît pas plus le puits canadien. C'est pourtant un outil de simulation dynamique, le logiciel CoDyBa. Mais il ne sait pas simuler les apports d'un puits canadien.
En conclusion :
- les systèmes sobres et efficaces (puits canadien, pergola, toiture végétale... voire VMC double flux) sont peu ou mal pris en compte en termique. Des bâtiments peuvent être réellement passifs dans la réalité mais pas toujours selon les logiciels RT ou CoDyBa.
- les équipements plus techniques, fonctionnant au tout électrique, en particulier les PAC, sont pris en compte par les logiciels de thermique, parfois de manière exagérément optimiste. Cela permet de continuer à vendre du chauffage central alors qu'on sait s'en passer...
Avec la RT 2012, on nous dit que le puits canadien sera peut-être enfin pris en compte... A suivre, donc!
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Emission du 11 octobre - début de l'intervention vers la 10e minute